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C’est mon plaisir!

Il suffit de traverser le pont entre Ottawa et Gatineau pour constater que le plaisir n’est pas ressenti de la même manière des deux côtés de la rivière.

Les Ottaviens nous accueillent dans leur demeure. Nous les remercions. Ils nous répondent par un it’s my pleasure réconfortant.

En revanche, quand les Gatinois nous ouvrent leur porte avec un chaleureux « C’est mon plaisir! », nous restons perplexes. C’est souvent à ce moment-là que l’hôte rajoute : « Ne regarde pas, la maison est un vrai bordel! ».  

Traduction mot à mot, pas toujours le bonheur assuré!

Mais pourquoi les Ontariens ont-ils le pleasure plus décontracté que les Québécois? Pourtant, le mot « plaisir » a la même signification en anglais et en français : une sensation ou une émotion agréable liée à la satisfaction d’un désir.

Pour exprimer notre gratitude en français, on préfère mettre des gants blancs ou utiliser la forme impersonnelle, sans doute pour donner le change. Donc, après un merci, chaleureux ou pas, nous préférons entendre :

— C’est un plaisir de vous recevoir (It’s a pleasure – un parmi d’autres?);
— Ça me fait plaisir (It’s my pleasure – là, ce n’est pas un calque);
— Tout le plaisir est pour moi (All the pleasure is mine – un peu égoïste quand même);
— Je vous en prie (I beg you – pas sûre que les Ontariens aiment);
— Il n’y a pas de quoi (Don’t mention it – n’en faisons pas tout un plat);
— De rien (Nothing to it – ça, c’est franchement trop modeste).

Et bienvenue?

Non! On ne répond pas « bienvenue » aux gens qui nous remercient. On réserve cette interjection pour souhaiter un bon accueil à une personne.

— Bienvenue chez moi.
— Je vous remercie.
— Il n’y a pas de quoi.

Et les Ontariens, alors? Eh bien, ils peuvent continuer d’accepter nos remerciements avec You’re welcome. Surtout qu’ils nous ont indiqué le chemin du retour, alors, oui, merci!

Les maux de la fin

« Allez, prends soin! », m’a-t-il souhaité avant de raccrocher. Euh… d’accord. Recevoir un appel est de plus en plus rare de nos jours, alors je ne vais pas en faire tout un plat. Mais j’attends toujours le complément. Autre coquetterie régionale réservée aux initiés.

I’ll drink to that.

Si les réflexions d’ŒIL de lynx vous allument, revenez nous voir ou laissez un commentaire.

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